Yerma

Dans la campagne andalouse. Yerma est allée porter son repas à son mari, qui travaille dans les oliviers. Cela fait trois ans qu’elle attend un enfant. Elle rencontre la vieille païenne, mère de neuf garçons, « pareils à neuf soleils ». « J’ai été de ces femmes qui vont les jupes au vent. Touchée par la foudre en coupant le melon, touchée par la foudre en faisant la fête, en préparant la tarte au sucre. Bien des fois, je suis apparue à l’aube sur le seuil de ma porte, parce que je croyais entendre le son des mandolines qui allait, venait, mais c’était le vent. » Ainsi parle la vieille païenne.

« Dites-moi ce que je dois faire », demande Yerma. « Moi, je ne sais rien, répond la vieille. Moi, je me suis couchée sur le dos et j’ai commencé à chanter. Les enfants viennent comme des sources. Ah ! Qui oserait dire que ton corps, là, n’est pas beau ? Tu fais un pas, et au bout de la rue, on entend hennir le cheval. Ah ! Laisse-moi, ma fille, ne me force pas. Je pense à bien des choses, bien des choses qu’on ne peut dire. » 

Yerma aime-t-elle son mari ? Est-ce qu’elle tremble quand il s’approche ? Est-ce qu’elle ne se sent pas « comme livrée à un rêve, quand il vient, tout près, avec ses lèvres » ? Jamais. « Pas même en dansant ? » Si, peut-être. Une fois. Avec Victor.

  • Traducteur
    • Fabrice Melquiot
  • Fiche technique
    • Éditeur : L'Arche
    • Nombre de rôles masculins : 7
    • Nombre de rôles féminins : 19

Dans la campagne andalouse. Yerma est allée porter son repas à son mari, qui travaille dans les oliviers. Cela fait trois ans qu’elle attend un enfant. Elle rencontre la vieille païenne, mère de neuf garçons, « pareils à neuf soleils ». « J’ai été de ces femmes qui vont les jupes au vent. Touchée par la foudre en coupant le melon, touchée par la foudre en faisant la fête, en préparant la tarte au sucre. Bien des fois, je suis apparue à l’aube sur le seuil de ma porte, parce que je croyais entendre le son des mandolines qui allait, venait, mais c’était le vent. » Ainsi parle la vieille païenne.

« Dites-moi ce que je dois faire », demande Yerma. « Moi, je ne sais rien, répond la vieille. Moi, je me suis couchée sur le dos et j’ai commencé à chanter. Les enfants viennent comme des sources. Ah ! Qui oserait dire que ton corps, là, n’est pas beau ? Tu fais un pas, et au bout de la rue, on entend hennir le cheval. Ah ! Laisse-moi, ma fille, ne me force pas. Je pense à bien des choses, bien des choses qu’on ne peut dire. » 

Yerma aime-t-elle son mari ? Est-ce qu’elle tremble quand il s’approche ? Est-ce qu’elle ne se sent pas « comme livrée à un rêve, quand il vient, tout près, avec ses lèvres » ? Jamais. « Pas même en dansant ? » Si, peut-être. Une fois. Avec Victor.