L'Abîme

(Abgrund)

Tout débute par une petite soirée organisée par un couple bourgeois dans son nouvel appartement. Les discussions avec les invités vont bon train : différence sémantique entre les termes « réfugié » et « migrant », analyses tenues lors d’une émission culturelle ou propos sur la religion s’enroulent autour des commentaires sur le gigot ou le dessert. Mais en miroir d’une soirée banale, animée par des échanges brillants de vacuité, se dessine une seconde trame, un second destin où éclate une funèbre tragédie : la mise à mort d’un nourrisson par sa grande sœur. Difficile de dire laquelle des versions constitue la réalité ou un fantasme de l’imagination ; mais dans les deux cas, à travers l’éclatement formel de la pièce, la tragédie est bel et bien présente, qu’elle se terre dans la violence d’un décès ou dans les valeurs humanistes de façade d’une classe sociale incapable d’authenticité.

Tout débute par une petite soirée organisée par un couple bourgeois dans son nouvel appartement. Les discussions avec les invités vont bon train : différence sémantique entre les termes « réfugié » et « migrant », analyses tenues lors d’une émission culturelle ou propos sur la religion s’enroulent autour des commentaires sur le gigot ou le dessert. Mais en miroir d’une soirée banale, animée par des échanges brillants de vacuité, se dessine une seconde trame, un second destin où éclate une funèbre tragédie : la mise à mort d’un nourrisson par sa grande sœur. Difficile de dire laquelle des versions constitue la réalité ou un fantasme de l’imagination ; mais dans les deux cas, à travers l’éclatement formel de la pièce, la tragédie est bel et bien présente, qu’elle se terre dans la violence d’un décès ou dans les valeurs humanistes de façade d’une classe sociale incapable d’authenticité.