La Ville

(The City)

Clair et Chris sont un couple de quarante ans. Elle est traductrice, lui informaticien. Il perd son emploi, on ne voit pas très bien pourquoi. Elle, en revanche, a rencontré un auteur qui la fascine et qui l’a invitée à assister à un colloque à Lisbonne. Questions de traduction, donc de compréhension. Nous saisissons que le couple n’est pas dans sa meilleure forme.

Parions que l’histoire vous semble banale. Or, ceci n’est pas un feuilleton télévisuel.
La fameuse « rédemption de la réalité physique » dont parlait, dans les années trente, Siegfried Kracauer dans sa théorie du cinéma, est devenue, à cause de la profusion des images avec laquelle la télévision – et pas seulement la télévision – nous abreuve, cette « rédemption » est devenue le déluge. Tout est banal là où tout est mystérieux, tout est à voir et rien n’est à comprendre.

Crimp n’est pas un auteur qui raconte des histoires. Il les amorce, il les démarre mais son art consiste à rendre à cette réalité sa complexité. Par petites touches, une atmosphère s’installe qui tranche avec tout ce que nous attendrions. Crimp rachète ainsi le mystérieux. Il capte à nouveau ce qui provoque des doutes, ce qui nous oblige à réfléchir, sur ce que nous voyons et sentons, plus précisément, sur ce que nous ne voulons ni voir ni sentir.

La Ville

(The City)

Auteur

  • Traducteur
    • Philippe Djian
  • Fiche technique
    • Publié en 2008
    • 96 pages
    • Prix : 12.00 €
    • Langue source : anglais
    • ISBN : 9782851816702

Clair et Chris sont un couple de quarante ans. Elle est traductrice, lui informaticien. Il perd son emploi, on ne voit pas très bien pourquoi. Elle, en revanche, a rencontré un auteur qui la fascine et qui l’a invitée à assister à un colloque à Lisbonne. Questions de traduction, donc de compréhension. Nous saisissons que le couple n’est pas dans sa meilleure forme.

Parions que l’histoire vous semble banale. Or, ceci n’est pas un feuilleton télévisuel.
La fameuse « rédemption de la réalité physique » dont parlait, dans les années trente, Siegfried Kracauer dans sa théorie du cinéma, est devenue, à cause de la profusion des images avec laquelle la télévision – et pas seulement la télévision – nous abreuve, cette « rédemption » est devenue le déluge. Tout est banal là où tout est mystérieux, tout est à voir et rien n’est à comprendre.

Crimp n’est pas un auteur qui raconte des histoires. Il les amorce, il les démarre mais son art consiste à rendre à cette réalité sa complexité. Par petites touches, une atmosphère s’installe qui tranche avec tout ce que nous attendrions. Crimp rachète ainsi le mystérieux. Il capte à nouveau ce qui provoque des doutes, ce qui nous oblige à réfléchir, sur ce que nous voyons et sentons, plus précisément, sur ce que nous ne voulons ni voir ni sentir.